Association de Défense du Site des Petites Dalles

Quelques nouvelles


Les projets d'éoliennes se multiplient sur notre côte


L'Association Vent de Travers de Veulettes qui lutte contre l'implantation d'éoliennes au large a son site.

Après le projet d'éoliennes de la plaine de Yaume qui semble pour l'instant au point mort et celui du champ d'éoliennes au large de Veulettes qui lui est bien parti, un nouveau projet inquiétant voit le jour. En effet, on apprend qu'il est prévu la construction de 10 éoliennes géantes de 120 mètres de haut dans la plaine de Ouainville, sur les communes de Canouville et de Ouainville. Ces communes sont bien évidemment très favorables au projet. Par contre, la commune de Butot-Vénesville, en bordure de laquelle les éoliennes seraient construites y est opposé; elle n'en tirerait aucun avantage, que des nuisances.

Ce nouveau projet ne fait que confirmer les craintes que l'on pouvait avoir après la décision d'évacuer le courant produit par les éoliennes de Veulettes par une ligne enterrée allant jusqu'à Fécamp. Cette ligne souterraine étant à coup sûr très onéreuse, il faudra la rentabiliser en construisant le long de son trajet, qui passe par le fond des Petites Dalles, toute une série d'éoliennes. Le principe des éoliennes comme source alternative de production d'électricité est de plus en plus discuté quant à son intérêt tant économique qu'écologique. Deux sites donnent des informations particulièrement éloquentes à ce propos : le site d'environnement durable et le site de vent de colère.

Le maire de Butot Vénesville, M. Jack Henry, nous communique les précisions suivantes :

Le projet de 10 éoliennes est divisé en deux. Cinq sur Canouville, cinq sur Ouainville. En effet, la limite actuelle de puissance est de 12MW. Si le parc n’avait pas été divisé en deux, il dépasserait cette limite. Il s’agit donc d’un artifice pour contourner la Loi. Les machines prévues atteignent 145 mètres pales comprises. Je ne connais pas la date de l’enquête publique puisque le permis de construire n’a pas encore été déposé. Le raccordement doit en effet être fait sur celui de Fécamp.
La société est :

La Compagnie Du Vent - Horizon 21 -
650, rue Louis Lépine
34000 MONTPELLIER

Il est très important de réagir, car si on n'y prend garde, le Pays de Caux va rapidement se couvrir d'éoliennes géantes, le pays s'y prête. Le paysage sera définitivement défiguré, sans aucun avantage ni écologique ni économique en dehors des promoteurs pour qui c'est une affaire très rentable, EDF rachète leur courant à 3 fois le prix du marché, et ce pendant 15 ans. Ces éoliennes ne diminuent pas les émissions de gaz à effet de serre, car elles nécessitent la construction ou la réhabilitation de centrales thermiques polluantes pour suppléer aux périodes sans vent, ou avec trop de vent. Les centrales nucléaires ont une trop grande inertie pour pouvoir remplir ce rôle. La France est déjà exportatrice d'électricité et n'a donc aucun besoin de ce surplus de production.

Un point encourageant, le discours du Président de la République, Nicolas Sarkozy, pour clore le Grenelle de l'Environnement dont voici l'extrait qui concerne les éoliennes :

"Je veux faire de la France le leader des énergies renouvelables, au-delà de l'objectif européen de 20 % de notre consommation d'énergie en 2020. Pour autant, je suis contre une forme de précipitation qui se traduit finalement par la dégradation de l'environnement. Nous ferons les éoliennes prioritairement sur les friches industrielles, et loin des sites emblématiques".....et M. Sarkozy, se tournant vers Manuel Barroso, Président de la Commission européenne, a donné la raison de sa décision, "quand je survole certains pays européens.... hein!...ça ne donne pas envie.... ".






EOLIENNES EN SEINE MARITIME

REUNION AVEC M. TRASSY-PAILLOGUES
Député, Conseiller Général et Maire de YERVILLE
Le 14 décembre 2007



PRESENTS POUR L’ASSOCIATION DE DEFENSE DU SITE

Bernard AUBOURG
Patrick JORE
Jean-Claude MICHAUX


Cette réunion s’est tenue à la demande de l’Association, dont le bureau avait souhaité connaître le sentiment de M. TRASSY-PAILLOGUES sur le développement des projets d’implantation d’éoliennes dans le département.



RAPPEL :

Les projets actuellement envisagés (SDE = Zones de Développement Eolien ) dans la proximité des Petites Dalles concernent :

A ce jour, le projet de VEULETTES est autorisé.
Les autres sont en cours.

Les Zones Potentielles de Projets Eoliens ont fait l’objet d’un accord de la Communauté de Communes de la Cote d’Albâtre en 2004, et de la publication d’une carte d’implantation sur laquelle figurent les projets ci-dessus.


Il ressort de notre réunion avec M. TRASSY-PAILLOGUES
que nos avis convergent largement sur beaucoup de points, et notamment :


1°- Contribution de la Seine Maritime :
Avec 2 centrales nucléaires à PENLY et PALUEL, le département a déjà contribué largement au développement des énergies nouvelles.
Il faut rappeler que la Haute-Normandie est la troisième région française de production d’électricité.
Faut-il continuer à détériorer les sites du département ?
L’objectif actuel vise à installer en Haute Normandie 5% de la production nationale éolienne, soit 500 MW, ce qui représente une quarantaine de parcs de 12 MW, soit de 170 à 250 machines, et la Seine Maritime en prendrait la plus grande part, avec 335 MW, contre 165 pour l’Eure.

2°- Sur le plan technique :
M. TRASSY-PAILLOGUES n’est pas convaincu de l’intérêt de développer ce mode de production d’électricité :
le rendement (même s’il a fait des progrès) n’est pas bon (40% au grand maximum pour les machines les plus récentes)
c’est une énergie aléatoire (production irrégulière) alors qu’on a besoin d’une énergie de substitution (production à la demande)
le coût du branchement des nouveaux sites sur un réseau de distribution est souvent prohibitif (exemple des éoliennes de VEULETTES, qui vont distribuer via le réseau de FECAMP.

3°- Sur le plan administratif :
M. TRASSY-PAILLOGUES avait proposé un projet de loi stipulant que tout projet d’implantation d’éoliennes devait obligatoirement être porté par une collectivité (propriété du terrain, coût des installations, problèmes techniques, distribution de l’électricité produite, encaissement et redistribution des recettes)
Ce projet n’a malheureusement pas été accepté, et on se trouve maintenant dans une situation non maîtrisée :
Les commerciaux des sociétés de fabrication et implantation d’éoliennes vont directement voir les Maires pour leur expliquer l’intérêt (taxe professionnelle) de prendre une délibération de principe favorable à des études d’implantation
Ils vont ensuite démarcher directement les propriétaires de terrains pour leur faire miroiter l’intérêt financier (loyer = 5.000 € par an pour une éolienne à BRACHY) de l’opération
Forts de ces deux accords, ils procèdent à la demande de permis de construire.

Pour pallier les implantations « sauvages », l’Etat a créé des commissions chargées d’émettre un avis sur les projets éoliens, sur les plans :
techniques, financiers et respect des sites.
Pour la Seine-Maritime, cette Commission a été placée sous la présidence du Sous Préfet de Dieppe.

M. TRASSY-PAILLOGUES doit écrire au Préfet pour connaître précisément les critères sur lesquels cette Commission doit statuer.

4°- Sites envisageables :
M. TRASSY-PAILLOGUES est opposé à l’installation d’éoliennes sur le territoire de sa commune YERVILLE.
Sur le reste de sa circonscription, il n’est pas opposé par principe à l’installation d’éoliennes, avec les restrictions suivantes :

OK à priori pour le parc maritime de VEULETTES
Plutôt sur des sites industriels qu’en pleine nature
Pourquoi pas implanter des éoliennes près des péages d’autoroute ?
L’ensemble des collectivité et associations concernées doivent être d’accord


5°- D’une façon générale :
M. TRASSY-PAILLOGUES doit nous adresser le tracé du câble qui doit acheminer l’électricité produite à VEULETTES jusqu’à FECAMP.

Il conseille à notre Association de constituer un dossier sur les opérations d’implantation qui n’ont pas abouti en France pour réunir les éléments techniques sur lesquels les jugements d’invalidation de permis de construite ont été pris. Ce dossier complétera les critères de décision de la Commission d’instruction préfectorale (cf. ci-dessus).

M. TRASSY-PAILLOGUES nous affirme enfin sa détermination de lutter avec nous contre une prolifération désordonnée des éoliennes dans sa circonscription. Il est notamment très sensibilisé sur la question de la protection des sites.

Copie de la lettre adressée par M. TRASSY-PAILLOGUES

à M. Michel THENAULT, Préfet de la Région Haute-Normandie :

Enquête publique pour le passage du câble souterrain haute tension

de Veulettes à Fécamp

L'enquête publique pour le passage du câble souterrain de 90.000 volts devant relier les éoliennes en mer de Veulettes à Fécamp a été ouverte du lundi 4 février au mercredi 5 mars 2008. Les documents concernant cette enquête étaient visibles notamment aux mairies de Saint-Martin et de Sassetot pendant cette période. Voici les renseignements que j'ai pu en tirer :


Le permis de construire pour les éoliennes en mer aurait été délivré, mais les travaux ne sont pas commencés.
Il s’agit actuellement d’une première tranche de 21 éoliennes de 5MW chacune, à 7Km au large de Veulettes. La puissance totale sera donc de 105MW pour cette première tranche. On parle d’une deuxième, puis d’une troisième tranche, à chaque fois de même puissance. La puissance totale serait alors de 315MW, soit environ 1/16e de la puissance totale de la centrale nucléaire de Paluel. Chaque éolienne aura un mât de 100m de haut avec des pâles de 40m de rayon.

Apparemment, pour des raisons techniques que je n'ai pas bien comprises, le courant produit par ces éoliennes en mer ne pourrait pas être évacué par les lignes à haute tension de la centrale de Paluel.

Le câble sous-marin chargé de drainer le courant produit arrivera à Veulettes chemin des Courses. De là partira un câble triphasé sous-terrain de 90.0000 volts. Ce câble sera enfoui à 1 mètre de profondeur. La technique de pose sera très classique pour la traversée des champs : une tranchée refermée au fur et à mesure. Par contre, pour la traversée des routes et de certains terrains privés, il n’y aura pas de tranchée à ciel ouvert, mais un tunnel horizontal percé à partir d’un puits, pour éviter d’éventrer la chaussée.
Cette ligne souterraine fera 21Km au total.
Il n’est pas prévu de transformateur sur le trajet de ce câble, mais simplement des regards de surveillance et des “puits de permutation”, qui seraient constitués d’une simple dalle de béton au ras du sol.
Coût prévu de ces travaux de ce câble et de sa pose : 8,7 millions d’euros.
Le maître d’oeuvre sera le RTE (Réseau de Transport d’Electricité) qui doit sous-traiter ce chantier à ENERTRAG, la société allemande qui construira et gérera le champ d’éoliennes de Veulettes.
Initialement, les travaux étaient prévus pour 2008, mais le retard est évident et aucune date précise n’est donnée actuellement.





Enquête publique pour la révision du POS

de la commune de Saint-Martin-aux-Buneaux


 Patrick Jore a rencontré ce vendredi 29 février 2008 le Commissaire enquêteur, Monsieur BOGAERT, pour le dossier de révision du POS de Saint Martin concernant le parc d'éoliennes de Veulettes.
Il a développé les deux remarques qui lui semblaient importantes et qu'il a consignées sur le cahier d'enquête publique. Voici son compte rendu :

1°- Le dossier ne comporte pas d'étude d'impact :
Il n'y a aucun croquis présentant la vue des éoliennes depuis la plage des Petites Dalles (non plus depuis la plage de Veulettes).
J'ai fait depuis l'escalier principal descendant sur la plage un relevé à la boussole, qui confirme qu'on verra bien les éoliennes (elles sont à 30° Est, la plage étant elle-même à 300° ouest). La première rangée d'éoliennes est à 7 km de la plage de Veulettes, et à peu près à 10 km de la plage des Petites Dalles. L'étude d'impact permettra de vérifier ce qu'on verra exactement (120 mètres de haut, soit 1,5 fois la hauteur moyenne des falaises). Par temps brumeux, on ne verra certainement rien, mais par temps clair, on voit bien 120 mètres de haut à 5,5 miles marin.


2°- Tranches supplémentaires :
Il semble que deux autres tranches de chacune 21 éoliennes supplémentaires soient prévues. Monsieur BOGAERT n'a aucune information à ce sujet. Par contre, j'ai pu vérifier avec lui que ces éventuelles tranches supplémentaires ne pourraient être faites toutes les deux au bout de la première:  en effet, le POS ne peut statuer au-delà de la limite territoriale, qui est de 12 miles marins (21,6 km), or la première tranche étant à 7km du rivage, la troisième finirait à 22 km (7+5+5+5)!!! Il y aurait donc impérativement un étalement de la zône à droite ou à gauche, et si c'est à gauche, nous les aurions encore plus devant notre plage.

Monsieur BOGAERT est entièrement d'accord sur le fait que la Seine Maritime, dont on souligne volontiers le retard en matière d'éoliennes, est très en avance sur les autres départements français en matière d'énergie propre, avec 2 centrales nucléaires à PENLY et PALUEL, qui ont déjà sensiblement attaqué les falaises.

Faut-il continuer à polluer le site, sous prétexte que les éoliennes vont apporter un flux touristique qui sera bénéfique à la région ? Que feront nos enfants des éoliennes quand elles auront fini leur temps (on parle de 15 ans), et que les premiers exploitants risquent de ne pas vouloir investir dans leur remplacement, alors que le prix de vente de  leur électricité  ne sera plus subventionné par nos impôts.
 

SUITE DE la PROCEDURE:
Monsieur BOGAERT remettra son rapport sous 1 mois, l'entreprise concessionnaire aura 15 jours pour répondre, et ces réponses seront disponibles en Mairie.


Patrick Jore